Bref historique de la Commission de la lutte contre les Faux et Falsifiés de la FIP

Historique de la Commission de la lutte contre les faux et les falsifiés de la Fédération Internationale de Philatélie

Richard Gratton, FRPSC, AIEP

1894  Création du premier comité d’experts au monde : celui de la London Philatelic Society qui deviendra plus tard la Société Royale de Philatélie de Londres.

1899  L’Allemagne crée son Organisation d’Expertise Nationale, la Bundesprüfungsstelle.

1924  Des discussions sur la formation d’une association internationale de lutte contre les faux ont eu lieu au Congrès de la Haye, aux Pays Bas, en septembre lors de l’exposition. (31)

1925  Constitution d’un Bureau International de Philatélie lors du Congrès International de Philatélie tenu à Paris en mai. (34)

1926  Constitution de la Fédération Internationale de Philatélie (FIP) lors d’une rencontre de délégués de plusieurs pays à Paris le 4 mai. (45)

1929  Lors du Congrès de Berne, il est fait mention des nombreuses émissions avec surcharges d’où l’idée de créer des listes d’émissions indésirables. (140)

1938  Lors du Congrès de Prague, il est demandé à la Fédération suisse d’établir un bureau central pour la lutte contre les faux. (133)

1946  Lors du Congrès de Bruxelles, il est demandé à chaque Fédération nationale de former une Commission de lutte contre les faux. (133)

1950  Une liste est émise sur toutes les productions connues, à cette époque, du dangereux faussaire Jean de Sperati (liste numéro 2). (135)

1950  Une première liste sur les émissions abusives est publiée lors du Congrès de Norvège. (141, 203) Cette liste contient près de 1 000 timbres-poste devant être boycottés lors des expositions internationales.

Plusieurs Fédérations nationales n’ont pas du tout apprécié ce genre de discipline excessive et ont demandé le retrait de la liste (203).

1950  Lors du Congrès de Vienne, on propose de former un Bureau International Suprême d’Expertise Philatélique. Ce bureau devait coordonner le travail des organisations d’expertises locales. Il se voulait devenir l’autorité suprême qui aurait décidé des différends entre les experts. Cette incursion de la FIP ne fut guère appréciée par les experts de l’Europe et tout particulièrement par les Italiens.

1951  Les règles du Bureau Central de Lutte Contre les Faux furent adoptées lors du Congrès de Copenhague. (135)

1951  Une lettre de la FIP est envoyée aux Administrations du monde concernant les émissions abusives. (144-45)

1953  Lors du Congrès de Lisbonne, la Commission Contre les Émissions Nuisibles à la Philatélie est renommée ‘Commission Contre les Émissions Indésirables’. (147)

1953  En mai, une exposition internationale de philatélie a lieu à Venise, sans la participation de la FIP. Des experts de neuf pays se réunirent au Palazzo Grassi pour former une association internationale, préparer une liste de membres, échanger des informations sur les faux et statuer sur le rôle des experts lors des expositions internationales. (151)

L’Association Internationale des Experts en Philatélie (AIEP) est en voie d’être créée. (155)

1954  Une première assemblée générale de l’AIEP a lieu à Merano (Italie), au Kurhaus, lors de l’exposition internationale de Merano-Meran, et ce, sans la participation de la FIP. (155) On y élabore les statuts et règlements.

1954  On propose de former un Bureau International d’Expertise Philatélique lors du Congrès de Genève. (154) ce qui ne fut pas fait, beaucoup d’experts préférant grandement régler les questions d’expertises à l’extérieur du cadre de la FIP. (155)

1958  Au Congrès de Bruxelles, il est proposé de développer une codification universelle pour les certificats d’expertises. (170)

1965  Lors du Congrès de Vienne, il est proposé de donner des définitions précises aux émissions indésirables. Les expressions ÉMISSIONS NUISIBLES  (Harmful issues), ÉMISSIONS OBJECTABLES (Objectionable – unlawful issues) et ÉMISSIONS INDÉSIRABLES (Unwanted – undesirable issues) sont clairement définies. Mille copies de la liste des émissions nocives furent remises par la Fédération autrichienne lors de WIPA 65. Cette liste fut produite en trois langues (français, anglais et allemand) (177).

1973  Lors d’une rencontre au Luxembourg, un groupe de travail propose cette nouvelle liste pour déterminer les émissions non admissibles aux expositions philatéliques (204) :

  1. Les émissions imperforées (non dentelées) qui sont aussi vendues avec les timbres perforés.
  2. Les impressions spéciales et les réimpressions.
  3. Les perforations et les surcharges privées.
  4. Les émissions qui sont vendues et distribuées par une organisation commerciale privée. Ces émissions ne sont pas vendues dans le pays émetteur et ne servent qu’à financer les coffres de certaines personnes ou administrations.
  5. Les émissions possédant une surcharge trop élevée.
  6. Les émissions contemporaines ayant un trop faible tirage.

1976 Lors du Congrès qui a eu lieu à Philadelphie, toutes les Administrations postales membres de l’Union Postale Universelle ont reçu une lettre spécifiant en quatre points les émissions non admissibles lors des expositions de la Fédération Internationale de Philatélie (205) :

  1. Les émissions non vendues à leur valeur nominale ou non disponibles dans la majorité des bureaux de poste.
  2. Les émissions qui ne sont pas vendues par l’autorité postale du pays même mais par des agences commerciales.
  3. Les émissions concurrentielles, vendues sous forme de timbres-poste, de feuillets ou de pages, perforées ou non, en émissions limitées même s’il existe des différences de couleur.
  4. Les timbres-poste dont la surcharge excède 50% de la valeur nominale. Une exception sera faite pour les montants n’excédant pas la valeur nominale pour une lettre à tarif simple (*).

(*) Exception est faite dans le cas du numéro 4, pour les désastres nationaux, lorsque la surcharge sert d’aide aux victimes ou pour le financement des expositions nationales et internationales.

1990  Lors du Congrès de la FIP tenu à Londres, il est proposé d’amender les règles du jury pour y ajouter la création d’un Groupe d’experts.

Il est proposé qu’au moins 1% des collections soit examiné par des experts. Ceux-ci peuvent aussi ne pas faire partie du jury officiel.

1990  Monsieur Patrick Pearson RDP, de la Royal Philatelic Society of London, fut le premier expert à examiner les collections en cour d’honneur et en compétition lors de l’exposition London 1990.

1990  Le premier Groupe d’experts officiellement en fonction fut créé lors de l’Exposition de la Nouvelle-Zélande. Les membres du groupe étaient : Robert Odenweller (USA), E. Meyers (Allemagne) et Francis Kiddle (Royaume Uni).

1996 À l’Exposition de Toronto, au Canada, le Groupe d’Experts (Expert Group) fait déjà partie intégrante de toutes les expositions philatéliques internationales parrainées par la FIP.

2003  Depuis l’Exposition de Bangkok, en Thaïlande, toutes les actions du Groupe d’Experts sont tenues en filière pour suivi lors des prochaines expositions.

Le nom des exposants, des pays, des pièces questionnées, des collections de même que les actions proposées par le Groupe d’Experts font partie intégrante d’un système informatique mis à jour à la fin de chaque exposition de la FIP.

2012  Le nouveau Conseil d’administration de la Commission de la lutte contre les faux et les falsifiés fut élu lors de l’exposition de Djakarta (INDONESIA 2012). Il se compose de Klaus Michel Schöpfer – président (Autriche), Richard Gratton – secrétaire (Canada), Eduardo Escalada-Goicoechea – représentant l’Europe (Espagne), Luis Fernando Diaz – représentant l’Amérique (Costa Rica), Sa Bee Lim – représentant l’Asie (Singapore) et Geoffrey Kellow – membre du bureau invité (Australie).

2014  Création du site internet de la Commission. Les rapports des Groupes d’Experts de plusieurs expositions internationales y sont répertoriés.

Richard Gratton

Secrétaire de la Commission de la lutte contre les faux et falsifiés de la FIP

Mai 2014

 

Références

1. FIP – Origin and Evolution of the International Federation of Philately. Léon Pütz (1984), publié par la FIP et disponible à son site internet. Les chiffres entre parenthèses dans le texte ci-haut font référence à la page du livre.

2. Philatelic Expertizing. The AIEP handbook on Philatelic Expertizing. Wolfgang Hellrigl (2004), publié par l’AIEP.

3. FIP and philatelic expertizing, Tay Peng Hian, Fakes and Forgeries Experts, Volume 8 (May 2005), pages 178-180.

4. Communications personnelles avec certains officiers de la  FIP.